lundi 17 avril 2017

Kaléidoscope politique sur les candidats à la Présidentielle

Cinq candidats font toujours l’objet de la publication des sondages comme si les autres n’existaient pas. C’est une autre manière d’écarter les moins connus, ce qui évidemment les empêche un peu plus de venir troubler la bataille des « grands ». Un certain nombre de mes lecteurs me posent néanmoins des questions sur un « petit » candidat, très présent sur les réseaux sociaux et remplissant des salles dans ses meetings sans que les grands médias prennent même la peine d’en faire un commentaire avant ou après. Il s’agit de François Asselineau mais Nicolas Dupont-Aignan n’est qu’un peu mieux loti. Ce candidat renverse la table et intrigue et je me permets de faire à cette occasion un rapide tour de table des candidats qui font les unes des médias avant d’analyser le trublion. Il semble en effet que le questionnement est destiné à répondre à une indécision qui étreint beaucoup d’électeurs. J’espère que mon analyse ne sera pas considérée comme un plébiscite mais incitera les lecteurs à en savoir plus sur le site du candidat « upr.fr » 

En matière de choix d'un Président de la République, il y a deux critères fondamentaux qui devraient nous poser question :

Quelle idée maîtresse sous-tend sa conception de l'avenir de notre pays ?

L'homme sera-t-il en capacité de défendre notre pays et de s'imposer à son peuple ?



Ces deux questions sont oubliées dans la plupart des discours des candidats qui cherchent à faire surtout du racolage marketing en piochant large dans les aspirations des différentes communautés. leur but est de composer une soupe digeste pour se faire élire. Après c'est une autre histoire… Avant de répondre à la question sur un candidat qui ne fait encore que 2% au mieux dans les sondages des médias, je vous convie à un petit regard sur les grands candidats.
 
Prenons le cas de Fillon. Son programme n'est pas original c'est la traduction des directives européennes pour 2017-2018. C'est la doxa de l'austérité : "serrez-vous la ceinture, vous irez mieux". C'est le discours tenu aux grecs, on voit le résultat. C'est le discours qui fait plonger l'Italie et celui qui nous a fait augmenter la dette de 1.000 milliards en 10 ans et augmenter le chômage d'un million de plus. L'axe caché du candidat Fillon, c'est la continuation dans l'UE, l'euro et l'OTAN. C'est la même chose pour Macron tout en reconnaissant qu'il va falloir changer des choses dans les traités. Jospin s'y est essayé en 1997 et a échoué. C'est devenu impossible avec les divergences de plus en plus accentuées entre les 27 pays restants de l'UE. Donc ces deux candidats ont pour principal programme, l'application des directives de l'UE et de l'OTAN. 

Hamon a lancé un véritable axe de réflexion avec son salaire universel mais se prend les pieds dans le tapis et est lâché par les socialistes, non sans avoir parlé d'une refondation de l'UE autour des pays fondateurs pour un nouveau pas vers le fédéralisme. C'est ce qui se trame en ce moment dans l'UE entre les chefs d’État. Donc il masque que son objectif c'est plus de fédéralisme, ce que veut l'oligarchie qui veille sur Bruxelles. Il est donc comme les deux précédents et lui obéira. 

Mélenchon, remarquable tribun, surfe sur le même enfumage en parlant de traités renégociés au forceps et de 6ème République. Il ne pourra faire ni l'un ni l'autre parce que l'unanimité déjà difficile à 15 pays, est devenue impossible à 27 avec des divergences de plus en plus affirmées. La convergence sociale enflamme les foules qui ne se rendent pas compte qu'entre le "SMIC" roumain à 250 euros et celui de la France à 1150 euros, la convergence sociale se fera au mieux à 700 euros pour tous. Mélenchon peut être au deuxième tour mais la France est majoritairement encore à droite et il n'aura jamais de majorité à l'Assemblée. Le candidat peut répondre à une stature présidentielle car il a l'expérience du pouvoir et un certain courage. Il a avec lui une dynamique de fin de campagne, mais il sera le Tsipras de la Gauche. 

Proche de lui et pourtant aux extrêmes, on trouve Marine Le Pen. Son message sur la sortie de l'UE n'est pas plus clair que celui de Mélenchon. Comme lui elle ne se préoccupe pas de la dette. Sa focalisation sur la sortie de l'euro, au besoin au forceps, se heurte à 20 ans de matraquage médiatique et politique sur le catastrophisme de la sortie de l'euro. Il se heurte aussi au fait que la sortie n'est pas prévue dans les traités. Selon Juncker, on ne sort pas de l'euro. Devant cette difficulté de campagne, elle se replie sur le slogan de base, celui de l'immigration et du terrorisme. Marine Le Pen fait miroiter une sortie de l'UE mais fait deux pas en avant et trois en arrière. Marine Le Pen sera le Tsipras de la droite. 

Venons-en à un candidat, Dupont-Aignan, qui essaie depuis longtemps de tracer son sillon sans jamais sortir réellement de la barrière des 5%. Il est le chantre de la renégociation des traités, en comptant sur le poids de la France. Mais procéder ainsi, c'est prendre une attitude contraire à la Constitution qui fait du Président, le défenseur du respect des traités et peut être l'objet d'attaques juridiques par les autres pays. Il ne peut imposer la voix de la France, même réunie à l'Italie, pour imposer aux 25 autres des vues favorables à deux pays du sud. Si l'UE éclate c'est que l'Allemagne, qui n'attend que cela, l'aura permis, et elle en sera encore la grande gagnante et nous rejettera dans la dèche. Sur ce point, comme les autres, Il n'imposera pas ses vues à l'UE et à l'oligarchie américaine qui nous entraînent vers le grand marché transatlantique, la disparition des États par la régionalisation et un fédéralisme à l'américaine. Il ne peut pas sortir de l'UE ainsi et il le sait. Alors il essaie de jouer sur le fait qu'il faut savoir surfer sur une idée de sortie sans faire peur aux électeurs qui se disent que les négociations cela laisse le temps de voir. Il ne fera rien de très spectaculaire sur l'immigration car la politique migratoire est désormais encadrée par l'UE et est de son ressort. La sortie du Traité de Schengen ne signifie pas que vous ne respectez plus la politique migratoire de l'UE. Souvenez-vous de Valls avec les Roms. 

Après ce panorama des candidats, quel est l'axe majeur du programme d'Asselineau ? L'indépendance de la France et son ouverture beaucoup plus grande que le cercle restreint de l'UE, l'ouverture au monde comme nous le faisions avant Maastricht, l'ouverture sur une diplomatie médiane entre l'Est et l'Ouest et tournée vers la Francophonie. L'indépendance de l’UE et de l’OTAN est incontournable pour sortir la France de la vassalité aux USA, éviter de porter la guerre un peu partout, et retrouver la France de la Paix. Comment ? En recouvrant notre souveraineté par la sortie de l'UE par l'article 50 des traités comme le Royaume-Uni. C'est clair, net et précis. C'est le premier acte que ferait ce Président nouvellement élu pour cela, donc sans référendum obligatoire. Ses électeurs ne pourront pas être déçus sur ce point primordial de son programme. 

A-t-il la carrure pour pouvoir remplir cette fonction, si mal remplie par Sarkozy et Hollande ? Oui il a participé au plus niveau à des négociations internationales auprès de plusieurs Présidents et Premiers Ministres. Il n'a pas de casseroles et ne présente pas le risque d'un couple affiché ou non conventionnel à l’Élysée. Il a montré du courage et de la ténacité pour créer un parti à partir de rien et sans ressources autres que les adhérents et les dons. Blacklisté jusqu'à la publication officielle des candidats, il a choisi la voix difficile de l'explication pédagogique en faisant appel à l'intelligence des français. Le pari est très risqué parce que les quelques jours de campagne qui restent ne peuvent marquer que parce qu'il est connu sur les réseaux sociaux, Il est risqué parce qu'il attaque de front un sujet tabou où la frilosité du peuple a été travaillée depuis 20 ans sur le thème de la peur.

Ceci étant, faut-il voter pour lui ? A chacun d'y répondre. Le MPF, comme DLF, a toujours été écartelé entre l'attraction à sa gauche et à sa droite. Les Républicains sont devenus des défenseurs du Système, donc de l'UE, et se différencient sur ce point capital. Le FN n'a toujours pas su faire un axe fort de la sortie de l'UE et reste l'image d'une politique migratoire restrictive. Aucun des deux partis ne répond vraiment à un nouveau destin pour le pays. Asselineau ne rejette pas le problème migratoire mais postule que c'est un sujet clivant et que l'on ne peut vraiment le résoudre que dans notre indépendance à l'UE puisque la politique migratoire y a été transférée. Une fois la sortie faite, il veut en faire un grand débat national associé au traité de Schengen avec un référendum à la clé. Est-ce un moyen de se défausser du problème, comme de celui de la politique énergétique et du remboursement de la dette ? On peut avoir un doute. La construction extrêmement logique de son argumentation, son orientation gaulliste et colbertiste avec les nationalisations, son retour à certains principes du keynésianisme, peuvent faire hésiter certains.

Ce qui est sûr c'est que l'architecture de sa pensée est la plus belle construction de tous les candidats, que l'homme n'est pas, comme Fillon et Macron, l'homme du groupe Bilderberg. Ce cartésianisme l'empêchera-t’il d''être aimé du peuple et saura-t’il avoir la souplesse politique pour faire face à des situations imprévues et à des décisions contraires aux vœux du peuple ? On ne peut le savoir qu'en le portant au pouvoir. Mais incontestablement il y a avec lui l'amorce d'un nouveau grand parti politique basé sur une résistance solide à la dérive fédéraliste mortifère dans laquelle tout autre candidat peut nous entraîner et il a l'expérience et la carrure nécessaires.

Cette élection peut être historique et dépend des indécis  

La sortie de l’UE est enfin devenue le vrai sujet 

Qui va désormais influer la politique  

D’un pays qui ne peut plus 

Croire dans cette UE !



Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon