vendredi 7 avril 2017

Frexit et désinformation à son paroxysme

La réunion des 11 candidats à la présidentielle 2017 a montré que les débats sur la sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN ont tourné court. Pourtant la plupart des candidats, hormis Arthaud, Poutou, Macron, et Fillon, n’ont pas cessé de parler de réaménagements des traités de l’UE. BenoÎt Hamon a même formulé un projet de reconstruction de l’Europe. Ce projet n’est d’ailleurs pas étranger aux discussions qui ont lieu pour une espèce de sous-zone de l’UE où la dette serait mutualisée en euros avec un pouvoir économique et bancaire centralisé. Celle-ci regrouperait les économies les plus puissantes de l’UE. Ce qui signifie le rejet des économies faibles de plus petits pays. Ce serait une manière de réduire l’UE en poussant des pays à en sortir ou à subir un sort peu enviable. Si les dirigeants de nombreux pays sont à la tâche pour sauver ce qui peut être sauvé, il est clair que le bonheur des peuples promis par l’UE n’a plus la cote de la plupart des peuples européens des pays membres.

Alors que ce sujet de l’UE a été sous-jacent à la plupart des propos des candidats, l’ouverture d’un vrai débat contradictoire avec des arguments pour ou contre la sortie, n’a pas eu lieu. Quand François Asselineau a montré qu’il en faisait un sujet capital et primordial avant tout autre débat, il n’a trouvé que le vide devant lui. Les tenants des réaménagements ou des discussions se sont aussitôt concentrés sur leurs recettes personnelles et la question du oui ou non et du pourquoi est resté sans débat. Si ce show télévisé a permis aux petits candidats de se faire connaître et de titiller les autres, il n’a pas apporté le nécessaire débat qui concerne de plus en plus de pays dans l’UE, à savoir si l’UE est en mesure ou non de porter les espoirs mis en elle par les peuples. Le constat actuel est une différence qui s’accentue entre les pays, et une aspiration de l’argent du travail vers la spéculation et vers les grands lobbies. 

C’est pourquoi la désinformation pratiquée par les médias est si intense pour cette campagne présidentielle. La France joue, par son poids, un rôle essentiel dans la survie de l’UE et dans la captation des richesses européennes. L’analyse des résultats des sondages est d’ailleurs très troublante. Le graphique ci-contre réunit les sondages effectués à l’issue du débat télévisé par BFMTV et LCI. J’ai ajouté ce qui ressort, à la même date, du suivi des « j’aime » de Facebook depuis le début du mois de mars. Plusieurs remarques sont à faire. D’abord l’accord parfait entre les constats sur Mélenchon, ce qui lui vaut la première place en moyenne à 25%, ce qui est beaucoup plus haut que les sondages antérieurs publiés. La faiblesse des constats à l’issue de l’émission sur Marine Le Pen, même s’il ne s’agissait que de juger de la prestation télévisée de la candidate, ce qui ne se constate pas sur Facebook. Sa présence sur Facebook ne lui assure une moyenne que de 15%, ce qui parait peu probable vu ses scores aux élections précédentes mais pourrait signifier un moment de doute dans son électorat. La menace d’une large victoire du FN est-il si réel et n’est-il pas monté pour ramener les électeurs vers les candidats du Système ?

Mais il y a un constat étrange entre l’estimation de LCI et celle de BFM sur Asselineau. L’écart est énorme. Doit-on penser que l’estimation de LCI sur 8000 réponses, ce qui n’est pas rien, a été faussée par un activisme beaucoup plus important des sympathisants du candidat ou que c’est le sondage de BFM qui est faux ou trafiqué ? La réponse est peut-être entre les deux et, à l’appui de cette thèse, il faut remarquer que les commentateurs ont après coup estimé que le débat sur l’UE et l’euro va devenir central dans cette présidentielle. Il se pourrait donc que le parti d’Asselineau soit en train d’ébranler les deux porteurs de la remise en cause de l’UE à droite, Marine Le Pen et Dupont-Aignan, en défendant un point de vue beaucoup plus clair sur ce sujet. Ceci n’atteint pas Mélenchon, classé nettement à gauche alors que les médias ont situé Asselineau à droite contrairement au Ministère de l’Intérieur qui le met dans les « Divers ». 

Toujours est-il que, contre toute attente, la moyenne le place à la troisième place à égalité avec Macron et à 15%. Macron n’est-il pas largement surestimé par les sondages ? C’est l’impression qui ressort des nouveaux commentaires médiatiques où l’on estime qu’il est en baisse. Mais n'a-t-il pas été toujours placé trop haut ? La surestimation pourrait aussi toucher Fillon qui est proche de Macron mais seulement à 13%. Il apparaitrait qu’à ce stade de la campagne, tout est encore possible entre ces cinq candidats dont trois ou quatre se tiendraient dans un mouchoir de poche. Le trublion Dupont-Aignan semble toujours se battre avec la barre des 5% et se trouve en concurrence frontale avec Asselineau sans que l’on puisse encore savoir qui l’emportera. Hamon semble vraiment décroché et Mélenchon irrattrapable. L'envie de Hamon de devenir le premier socialiste est possible, mais que restera-t-il de ce parti ?

Ce court examen des sondages n’a pas pour but d’approcher la vérité mais de montrer le peu de fiabilité de ceux-ci et de laisser entrevoir qu’ils sont manipulés par ceux qui détiennent le pouvoir des médias. La campagne médiatique intense faite sur le candidat Macron, l’acharnement simultané sur Fillon, la focalisation des électeurs sur des sujets de moralité et d’illégalité, ont eu pour but l’élimination d’un candidat et l’effacement des autres dans les médias. Les médias et les sondages ne font qu’un et trompent à loisir l’opinion publique pour contrecarrer l’information qu’un certain nombre d’électeurs trouvent sur les réseaux sociaux. On assiste à un remake du scénario du Brexit et de l’élection américaine. Notons que dans les deux cas les médias, et les puissances de l’argent pour lesquelles ils travaillent, ont perdu leur pari. Notons aussi qu’ils n’arrêtent pas d’essayer de critiquer les gagnants de ces votes démocratiques. Donald Trump serait selon eux t un fou mégalomane et le Brexit un fiasco. 

On peut néanmoins constater que les électeurs sont de plus en plus circonspects envers les candidats du Système, ceux des partis qui nous gouvernent depuis quarante ans et le fait d’être jeune ne veut pas dire que l’on n’était pas dans l’ombre du pouvoir et qu’apparaître dans une lumière médiatisée ne veut pas dire que l’on va faire du neuf. Ils n’ont peut-être déjà plus la majorité. La bataille est ouverte et le doute sur les sondages va profiter à ceux qui ont eu peu de temps de parole et à ceux qui proposent une vision nouvelle et libératrice pour notre avenir.
 
Le voile commence à se déchirer sur l’arnaque médiatique. 

Au paroxysme des sondages leur crédibilité baisse.

La démocratie va peut-être enfin triompher 

Comme elle a su le faire dans deux pays

Les États-Unis et le Royaume-Uni !


Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon