mardi 8 septembre 2015

Atonie politique française et mensonges économiques mondiaux



François Hollande a essentiellement tenu un discours électoral sans perspective économique laissant espérer une diminution du chômage dont l’éventualité est évidemment repoussée à 2016, voire 2017. Il a  préféré nous vanter le 1% de croissance de 2015 et le 1,5% de 2016. Le 1% de 2015 sera peut-être atteint tant le contexte extérieur des prix des matières premières dont le pétrole, des taux bas d’emprunt, de la baisse de 15% de l’euro par rapport au dollar, est exceptionnellement favorable. Cela correspond en gros à une injection de 20 milliards d’euros dans l’économie française et on peut même dire que le 1% de croissance espéré est désespérément faible dans de telles conditions favorables. On peut aussi se rendre compte que les 2 milliards de baisse de l’impôt sur les revenus pour les foyers imposables de la tranche basse en 2016 ne produiront pratiquement rien de plus sur l’économie française.

Par contre cela s’ajoute aux 16 milliards déjà prévus pour tenir la promesse de déficit budgétaire de 3,5% en 2016 faite à Bruxelles. A ceci il faut ajouter toutes les dépenses supplémentaires accordées en 2015 pour les agriculteurs, la sécurité intérieure et l’augmentation de la puissance de notre intervention militaire en Syrie. Ces dépenses supplémentaires seront financées par des économies budgétaires, dit le Président, alors qu’elles sont moins que significatives depuis le début de son quinquennat débuté sur l’air des 60.000 emplois supplémentaires dans l’Éducation nationale. Le principal poste de dépenses publiques est le paiement des fonctionnaires et de leurs retraites. il y aura cette année 12 232 créations pour 3939 suppressions… La France compte 90 fonctionnaires pour 1000 habitants, l'Allemagne seulement 50. 

Il n’est toujours pas envisagé de réformer leurs statuts, ni leur temps de travail ni le « bonus d’annuités » qui leur donne un avantage d’environ 5 années de taux plein par rapport au privé. Pas plus d’économies ne sont prévues du côté des régimes spéciaux. Le budget de la défense étant devenu intouchable par suite des ambitions interventionnistes du Président, de même que celui de l’Éducation nationale, les budgets les plus importants, sans compter celui du budget de l’Intérieur, les économies sont mal parties. Il y a fort à parier que les subventions aux collectivités territoriales seront dans le collimateur et que, par manipulation du barème des impôts sur le revenu, ce sera les 10% des contribuables, fournisseurs de 70% de cet impôt, qui paieront de nouveau pour les 2 milliards de cadeau à 8 millions de contribuables…électeurs.

Le bilan de près de trois ans et demi de présidence de Hollande est lourd d’imprévision et très mauvais en termes de résultats. Si le virage de l’offre pris par François Hollande depuis janvier 2014 avec le CICE, le pacte de responsabilité et la loi Macron, permet d’améliorer le potentiel économique du pays, il reste à noter que ce même potentiel n’a pas été atteint depuis 7 ans, en raison du gouffre qui caractérise le niveau de « demande ». Il a commis une double erreur économique. Après avoir assené une augmentation de la pression fiscale au début de son quinquennat qui a plombé la demande, il a ouvert les vannes de l’aide à l’offre alors que la demande n’existait plus. C’est comme si un industriel décidait d’investir dans l’automatisation pour produire plus quand ses commerciaux lui disent que la demande est en baisse. Le résultat c’est l’endettement et le chômage. 

Du coup les prévisions de croissance du Président se conjuguent en :  croissance du chômage, croissance de l’appauvrissement de la France, croissance du copinage, croissance des défaillances économiques, croissance de la désespérance pour ceux qui ne sont pas dans son système....etc. 0.2% de croissance pour l’année 2012, 0.7% pour l’année 2013, 0.2% pour l’année 2014, et une perspective de 1% pour cette année 2015, c'est un niveau d’activité économique qui a eu pour conséquence de voir le nombre de chômeurs progresser de plus de 628 000 personnes depuis le mois de mai 2012, en catégorie A. Ou de 1.173 millions toutes catégories confondues. Dans le même temps, le niveau de dette publique est passé de 90 à 97.5% du PIB. Pendant ce temps le nombre de personnes en-dessous du seuil de pauvreté augmente, la social-démocratie a tout raté, le social et le libéralisme.

Rien ne peut venir désormais changer la trajectoire de la France dans les derniers 18 mois du quinquennat, les dés en sont jetés. Le faible rebond de la croissance européenne s’est nourrie des facteurs favorables et de l’émission de liquidités par la BCE mais le contexte économique mondial est défavorable. Les pays émergents sont en baisse de croissance, c’est aussi le cas de la Chine qui ment effrontément. Les 7,4% prévus, ramenés dernièrement à 7,3%, se résorberont en 4% au plus en 2015. Les États-Unis mentent de même sur le chômage honteusement manipulé dans les chiffres officiels. Le nombre d’entreprises qui disparaissent est toujours supérieur au nombre de celles qui naissent et le taux de participation à la population active est au plus bas depuis octobre 1977. Les États-Unis ont atteint un autre nouveau record historique puisque 94,031 millions d’américains (âgées de 16 ans et plus) sont exclus de la population active (américains sans travail et ne recherchant pas activement un emploi)… et le chômage baisse pour atteindre 5,1%. On se fout du monde ! La croissance est en hausse à 3,7% mais on craint que la Fed augmente les taux d’emprunt et on parle d’un nouveau QE (planche à billets). C’est exactement l’inverse qu’il faut faire quand tout va bien… sauf que cela ne va pas si bien que cela là-bas non plus. 

Mais en France ce n’est pas la Grèce, il nous reste l’humour et il ne faut pas s’en priver : 

“Nous payons des impôts pour rétribuer des fonctionnaires 

chargés de veiller à ce que nous payions bien nos impôts,

afin de rétribuer d’autres fonctionnaires.“ 

Sacha Guitry

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon