vendredi 3 avril 2015

Les USA continuent la politique hégémonique du chaos de l’Ukraine au Yémen



Pendant qu’Israël, le Royaume-Uni et les USA réarment le gouvernement de Kiev en Ukraine et que l’OTAN déploie ses forces aux frontières de l’UE, la politique du chaos progresse au Moyen-Orient en s’appuyant sur les rivalités religieuses et ethniques. C’est maintenant le bombardement de Tikrit en Irak et la guerre civile au Yémen qui voient les USA entrer en action derrière l’Arabie Saoudite dont la monarchie se sent en danger. Les derniers développements de la crise au Yémen , c’est-à-dire l’agression militaire de puissances étrangères pour rétablir au pouvoir l’homme des impérialistes, chassé par le mouvement AnsarAllah qui réclamait en vain depuis des mois l’instauration d’un dialogue politique entre les différents mouvements yéménites, n’a jusqu’à ce jour pas suscité de réaction officielle de l’ONU. Pourtant le fait que le Yémen vive une crise politique interne ne donne aucun droit à des pays étrangers d’intervenir militairement sur son territoire. Depuis le début du millénaire on compte jusqu'à ce jour 55 guerres, conflits armés, opérations militaires ou révoltes, alors que cette période a été désignée par l'ONU comme un temps fort pour le développement avec les 8 Objectifs du Millénaire dont l’élimination de la pauvreté. A croire que c’est la guerre qui est le meilleur moyen de réaliser cet objectif. En effet qu’observe-t-on ? 

L'Afghanistan est affligé par la guerre depuis 2001, l'Irak a été durement frappé par la guerre depuis 2003, Les armes continuent de faire des victimes par milliers dans ce pays. La Syrie est à feu et à sang depuis 2011. 215 000 morts et 15 millions de personnes déplacées jusqu'à maintenant. L'Afghanistan est toujours en état de siège ayant été sous occupation par les forces de la Coalition depuis 2001. Des conflits destructeurs et meurtriers affectent plusieurs pays africains : Le Nigéria avec les exactions de Boko Haram et de l'armée nigériane, les guerres de la Côte d'Ivoire et du Mali, les massacres perpétrés en Centrafrique, l'intervention massive dite « humanitaire » contre la Libye menée par l'OTAN en 2011, la guerre qui sévit au Sud-Soudan depuis plusieurs années et des combats qui se produisent régulièrement en République démocratique du Congo (RDC). Sans oublier la guerre du Sri Lanka, la guerre contre les Palestiniens de la Bande de Gaza livrée par Israël en 2014, la guerre du Donbass et la guerre mondiale contre le terrorisme conduite par les États-Unis et leurs partenaires de l'OTAN dans tous les pays du Globe.

On assiste à des guerres parfois désignées comme des guerres civiles par l'Occident. Des conflits armés plutôt «programmés» qui permettent aux industries de la mort des grandes puissances de rouler à plein régime. Quel est le prix payé par les peuples ? Des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Aujourd'hui, nous sommes entrés dans une ère de grandes tensions entre les puissances occidentales et la Russie. Nous pouvons donc nous attendre à ce que les dépenses militaires augmentent de façon substantielle au cours des prochaines années. La seule réalité de la présence militaire active des Étasuniens dans près de 160 pays est propre à empêcher l'établissement de la paix par la justice sociale et la solidarité entre les peuples. La comparaison des dépenses militaires suffit à comprendre que la puissance américaine est au service d’une politique hégémonique. 

Devant cette disproportion les pays asiatiques sont en train de réagir. La Russie veut augmenter ses dépenses militaires de 44 % sur les trois prochaines années. D'après les projections des consultants de IHS Jane’s, en 2015 la Chine dépensera plus pour sa défense que le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ensemble. La région Asie-Pacifique sans la Chine dépassera l'Europe occidentale en 2015, avec des augmentations notables attendues en Australie, en Inde, et en Corée du Sud, selon un rapport d’étude de SIPRI. Aujourd'hui, huit pays (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan et Israël) possèdent plus de 20 500 têtes nucléaires. « Plus de 5 000 sont déployées et prêtes à l'emploi, dont 2 000 sont maintenues dans un état de haute alerte opérationnelle », note le SIPRI. Les USA résisteront-ils longtemps au désir d’appuyer sur le bouton alors que leur suprématie économique, monétaire et même militaire est de plus en plus contestée par les pays capables de refuser leur gouvernement mondial hégémonique ?

Je me permets de reprendre in extenso en conclusion les écrits de Jules Dufour car on ne peut être plus lucide et plus pertinent. « Depuis le début du siècle ce sont principalement les membres de l'OTAN qui ont semé la terreur et la mort sur cette planète. Ils l'ont fait directement ou par procuration. Le bras militaire de l'Occident exécute une veille permanente aux intérêts des pays membres et n'hésite pas à intervenir, avec les armes, pour les sauvegarder et ce peu importe les conséquences sur les établissements humains et sur les peuples affectés. Des pays détruits, des milliers de morts et des sociétés désintégrées. Pour justifier aux yeux de l'opinion publique ses interventions l'OTAN procède de la manière suivante : cette approche ou ce modèle opérationnel qui sera désormais suivi pour évincer du pouvoir tout leader ou tout régime politique infidèle semble se définir ainsi : infiltration dans les réseaux sociaux de messages faisant appel au renversement du pouvoir en place et déstabilisation des institutions nationales; accusations de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité logées contre le Président du pays et son régime devant être évincé du pouvoir; constitution à l'étranger d'un gouvernement provisoire rendu légitime par une reconnaissance formelle de la part des gouvernements occidentaux; résolution soumise et approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU autorisant le recours à la force armée contre le régime en place dans le but de « sauver » des vies humaines ; création d'une zone d'exclusion aérienne (moyen utilisé dans la guerre contre la Libye), demandes répétées au Président ou au Premier ministre de quitter illico le pouvoir, demandes accompagnées par des menaces de sanctions; adoption de sanctions économiques et politiques; interventions armées aériennes et terrestres; reconnaissance de la victoire obtenue par les combattants maintenant perçus par l'Occident comme étant des héros et même des « révolutionnaires ». 

Jusqu’à quand serons-nous complices de ces génocides ?

L’UE et l’OTAN ont-ils un droit de s’ingérer et de tuer ? 

Au nom de qui ou de quoi nous sommes-nous arogé

Le droit d’intervenir partout avec les USA ?... 

Au nom des puissances de l’argent et

De l’hégémonie mondiale des USA !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon