samedi 3 janvier 2015

La science sauvera-t-elle notre pays ?



Monsieur Hulot, qui a fait fortune avec l’écologie, est reçu à l’Elysée après avoir milité pour l’arrêt du nucléaire en France ou tout au moins pour des arrêts sur les 33 réacteurs de 900 Mwe qui vont atteindre 40 ans (limite repoussée à 60 ans aux USA). Il suffira de dire, à la demande politique, que le coût des réparations à faire est trop exorbitant pour en continuer l’exploitation. D’ailleurs pour enfoncer le clou, monsieur Hulot, le mieux placé pour en juger, a fait passer le message du coût exorbitant d’un accident nucléaire avec 1.000 milliards d’euros voire 5.000 milliards. Le seul problème c’est qu’en France depuis cinquante ans le nucléaire n’a tué personne par la radioactivité, contrairement à l’industrie chimique et aux transports aériens, ferroviaires, maritimes et routiers.

Par ailleurs l’accident de Tchernobyl est impossible sur les réacteurs français, la conception, la construction et les conditions particulières d’exploitation de ces réacteurs étant spécifiques à ce pays. Enfin, à part les deux malheureux de Tepco à Fukushima qui ont succombé dans la centrale submergés par le tsunami, on n’a déploré aucun autre mort par la radioactivité pour l’instant. Si c’était le cas, les médias du monde entier l’auraient diffusé. Ces réacteurs ont résisté au plus gros tremblement de terre du Japon et c’est la submersion du réseau électrique national et la vague du tsunami conjugués qui sont à l’origine de la catastrophe. Cette catastrophe a essentiellement provoqué les 26.000 morts sur les côtes japonaises et des zones évacuées par mesure de précaution radiologique. Toutefois le Japon relance des réacteurs arrêtés par prudence et après prise en compte des enseignements de l’accident. La catastrophe économique nationale est en effet principalement due à l’arrêt de tous les réacteurs. 

N’oublions pas que le premier accident grave avec fonte du cœur du réacteur s’est produit aux Etats-Unis à Three Mile Island en 1979 sur des réacteurs du type de ceux construits en France, le réacteur accidenté a été fermé mais aucune radioactivité ne s’est répandue sur la population. Les scénarios catastrophes ont donc bon dos pour servir des besoins électoraux et de certains lobbies. L’attaque écologique sur le nucléaire fait suite à l’attaque de Superphénix, un réacteur à neutrons rapides, dit surgénérateur, où la science française avait cinquante ans d’avance et permettait de multiplier les ressources en uranium par 60 à 80. Démarré en 1986, ce réacteur a atteint sa puissance nominale mais ce fleuron de la technologie française a dû être arrêté en 1996 par ordre politique alors que les difficultés de mise au point de cette tête de série n’avaient concerné que la partie non nucléaire du réacteur. Les Russes, qui travaillaient avec nous, ont continué dans cette technologie : ils ont fait diverger cet été le réacteur BN800 et se préparent à faire un malheur sur le marché international, alors que nous avons disparu corps et biens de cette filière. Bravo les politiciens ! 

On se prépare à l’enterrement pur et simple de la filière nucléaire en France. D’une part la montée en puissance des Energies renouvelables (EnR) rend caduque la construction de nouveaux réacteurs, donc la disparition d’une partie de notre industrie qui ne peut plus compter que sur l’exportation où l’attitude de nos gouvernants vis-à-vis de ce type d’énergie ne nous aide pas. D’autre part on voit même un certain nombre de citoyens abêtis se réjouir des difficultés financières d’AREVA et du retard dans la construction du réacteur de Flamanville. Ce retard est essentiellement dû aux modifications successives demandées par l’Autorité de Sureté et non au chantier en lui-même entraînant des surcoûts dont certains se réjouissent. Nous avons vendu, entre autres, deux EPR à la Chine et deux EPR, avec option de deux supplémentaires, à la Grande Bretagne, mais nous n’arrivons pas à terminer le nôtre ! Par comparaison, les Chinois qui ont commencé la construction il y a deux ans de deux réacteurs EPR vendus par AREVA (avec l’aide d’ingénieurs français, donc ce n’est pas un problème de compétence) ont déjà pratiquement terminé. Une conclusion s’impose : quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. 

L’Europe n’échappera pas tôt ou tard au redémarrage du nucléaire mais la France aura perdu sa puissance dominante et elle construira des réacteurs américains, russes, chinois ou japonais. L’Allemagne va revenir de sa folie verte qui lui coûte des centaines de milliards pour une électricité deux fois plus chère. Le Vice-Chancelier a déjà annoncé que son pays ne tiendrait pas ses engagements sur le carbone en affirmant qu’on ne peut en même temps supprimer le nucléaire et le charbon. Evidemment puisque les EnR ne peuvent exister qu’avec la consommation de lignite dans les centrales thermiques du fait de leur caractère aléatoire. Une visite en Allemagne dans les fermes d’éoliennes avec centrale thermique et mine de lignite à proximité permettrait de faire sentir l’air pur engendré à monsieur Hulot. 

Quelques chiffres pour finir avec cette folie de la France, pays le moins pollué dans les pays comparables, qui ne dépend pas du charbon et ayant l’un des coûts d’électricité les moins chers malgré le surcoût payé pour les EnR, feront mieux comprendre la folie destructrice qui va handicaper notre pays pour longtemps. Pour remplacer deux réacteurs de 1.300 MWe dont l’emprise au sol est celle d’une zone commerciale, il faut 1300 éoliennes de 2MWe espacées de 300m sur une surface de 11km2 ou 1100 hectares. Le taux de disponibilité des éoliennes étant de 25% pour 75% pour le nucléaire, on peut multiplier par 3 le nombre d’éoliennes nécessaires et la surface. Pour remplacer par l’énergie photovoltaïque, il faut au minimum 17,3 millions de panneaux de 1m2 soit sur une surface de 17,3km2 sans prendre en compte le taux de disponibilité. 

La déconstruction de la France est en marche là aussi. Pourtant la fusion nucléaire peut encore résoudre le problème énergétique malgré les énormes difficultés techniques auxquelles elle s’affronte depuis 50 ans dont la pression et la température énormes, celles du soleil, qu’il faut réaliser en permanence. Mais nos connaissances peuvent peut-être être remises en question par une découverte qui semble passer le barrage de la dérision et des validations scientifiques sérieuses, c’est la fusion froide découverte par un italien dont les études et le prototype sont sponsorisés entre autres par l’Académie scientifique suédoise. Le prototype de très petite taille multiplierait par 3 l’énergie. Les Etats-Unis s’y intéressent, donc… il faut y regarder de plus près. Il n’empêche que 24 députés écolos sur 35 endormis ont voté l’abrogation de 50 ans de progrès scientifiques et techniques dans la nuit du 10 au 11 octobre 2014 ! 

L’Occident et une partie du monde doivent leur essor économique 

Aux grandes avancées scientifiques et technologiques. 

Sans elles la croissance ne peut qu’être malingre 

Voire nulle si l’on écoute les anti-progrès ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon