jeudi 16 mai 2013

La dernière blague de Hollande…

On savait que notre Président de la République était un grand blagueur. Il s’était déjà déguisé en plombier muni d’une caisse à outils montrant ainsi qu’un Président normal n’hésite pas à mettre les mains sur le poste à soudure pour raccorder la dette avec le chômage, le déficit budgétaire, la compétitivité et la balance commerciale. Il vient de nous proposer un nouveau déguisement, celui du docteur muni de sa trousse d’urgence. Le docteur Hollande a pris les choses en main et vient de lancer sa dernière blague : 
 
"Le moment le plus difficile est passé".


Quelle constance dans l’enfumage. Rappelez-vous le « la crise est derrière nous ». Salut l’artiste ! Qui peut encore le croire ? Ceux qui ne veulent rien voir et rien entendre d’autre que la bonne idée d’avoir voté pour lui. Notre Président n’a pas besoin des recommandations de la Commission Européenne il sait ce qu’il a à faire. Il a affirmé vouloir "soigner l'économie française pour qu'elle reparte". Le Docteur Folamour est déjà en œuvre depuis un an et l’on voit le résultat. Si le résultat était seulement prometteur, il n’aurait pas été obligé d’aller à Canossa pour demander un report de deux ans de la réalisation du déficit de 3% du PIB.


Que ressentent nos concitoyens : Du jamais vu en près de 30 ans. En 2012, le pouvoir d'achat des ménages Français a fondu de 1,5%, enregistrant ainsi sa plus forte baisse depuis 1984, selon l'Insee. Un chiffre bien pire que prévu : en mars, l'institut de statistiques avait estimé ce repli à 0,8%.


Alors la manœuvre consiste à dire que nous ne faisons pas moins bien que la zone euro et nous nous réjouissons de faire mieux que la Grèce. L’autre manœuvre est de saisir l’occasion de montrer que nous faisons mieux que l’Allemagne… sur un trimestre de croissance. Malheureusement pour nous l’année 2012 se termine sur une croissance zéro, de 0,7% en Allemagne et de 0,8% en Suède, pays auquel il est bien utile de se comparer parce qu’il ne fait pas partie de la zone euro.


Contre l’enfumage des politiques il n’y a que les chiffres de comparaison aux autres pays qui permettent de se faire une idée de la justesse de leur discours. La crise est désignée comme principal coupable mais elle est valable pour toute l’Europe. Alors en dehors de la croissance 2012 regardons quelques chiffres :


Nous entrons en récession après deux trimestres négatifs dont -0,2% pour le premier trimestre 2013. La prévision initiale de 0,8% ramenée à 0,1% ne sera sans doute pas tenue non plus d’après la plupart des économistes et une baisse de 0,5% est plus probable si rien de significatif n’est mis en place dès maintenant pour relancer l’économie. Dans les comparaisons avec l’Allemagne près de 200Mds€ en notre défaveur séparent nos deux pays dans la balance commerciale. Nous nous sommes appauvris de 45Mds€ (-2,2%/PIB) en 2012 pendant que l’Allemagne s’enrichissait de 151,6Mds€ (+5,7%/PIB) et la Suède de 25Mds€ (+6,2%).


Nous continuons à augmenter notre déficit de 4,8%/PIB (-97,55Mds€) au lieu des 4,5% prévus. L’Allemagne le réduit avec +0,2% et la Suède l’augmente faiblement (-0,5%). Notre dette atteint 92% du PIB en 2012 soit 1833,8Mds€, alors que l’Allemagne est à 81,9% et la Suède à 38,2%. Selon la Commission de Bruxelles c’est une dette de 93,4% que nous atteindrons en 2013 avec un déficit de 3,7% qui croitrait à 3,9% en 2014 avec une dette à 95% à législation inchangée.

Parlons du chômage qui était soi-disant l’objectif qui avait suivi celui des jeunes pour le candidat-président. La France atteint 11%, l’Allemagne 5,4% et la Suède 8,4%. Nous avons un jeune sur quatre qui est au chômage. Au premier trimestre 2013, l'emploi salarié s'est replié de 0,1% soit 20.300 emplois en moins, selon les chiffres de l'Insee publiés ce jeudi 16 mai. Au quatrième trimestre 2012, ils avaient déjà chuté de 44.600.


Notre dépense publique est-elle raisonnable ? Dépense des administrations publiques : France 56,6%, Allemagne 45%, Suède 52%/PIB. Il y a là un gisement énorme d’économies. Dépensons-nous assez pour l’éducation ? Nous faisons moins bien que la Suède mais mieux que l’Allemagne. Formons-nous assez ? Nous dépensons 8,6% de plus que l’Allemagne soit 12,5% à population égale. La formation professionnelle est un tonneau des Danaïdes dont le rendement est faible et complètement à revoir.


Alors il faut diminuer les dépenses et donner un coup de fouet à la compétitivité. Sans sortie de l’euro la porte est très étroite. Le crédit d’impôt de 20 milliards n’est pas financé en 2014, l’augmentation de la TVA prévue est à double tranchant, la taxation écologique aussi, les emplois d’avenir sont toujours à venir, les contrats de génération ne génèrent pas grand-chose. La boîte à pansement du Président est une trousse d’urgence mais le malade ne peut éviter le bloc opératoire.


Pour ceux qui croient encore que l’on ne peut vivre en dehors de l’euro, je vous donne deux chiffres que l’on vous cache : croissance de la zone euro en 2012, -0,6%, croissance des pays hors zone euro, +0,35%. La crise est pour tout le monde mais l’euro ne protège pas, il enfonce.

Le détournement de l’argent privé vers les entreprises ne suffira pas à ramener la confiance des entrepreneurs, l’Etat recule toujours devant une nécessaire économie sur les dépenses publiques qui sont de sa responsabilité directe. Faire croire aux français que le gouvernement maîtrise la situation est une étrange façon de redonner confiance dans l’avenir alors que le pays recule de plus en plus.


Maitriser la dépense publique et la rendre plus efficace


Diminuer la pression fiscale sur les entreprises


Ce sont deux impératifs incontournables


Pour gérer au mieux la compétitivité.


Claude Trouvé

Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

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