jeudi 28 février 2013

L’Europe à la mode germano-britannique…

Pendant que les pays européens du sud s’empêtrent dans l’austérité, le Parlement européen et la Commission européenne  se sont entendus mercredi dernier pour autoriser celle-ci à contrôler les projets de budget des pays de la zone euro, et à recommander des ajustements si tel ne devait pas être le cas. Tout ceci se fait avec l’aval des chefs d’Etat dont celui de la France. Par ailleurs en septembre la Cour allemande de Karlsruhe avait validé le pacte budgétaire européen et le Mécanisme Européen de Stabilité. Ce dernier avait été préalablement approuvé en juin dernier par le Parlement allemand.
Si l’Allemagne a pu accepter ces dispositions, après une rude bataille parlementaire au Bundestag, c’est parce que la Cour a mis une limite au dessaisissement de la représentation parlementaire. En particulier, si des textes n'ont pas fermé la porte à de futures hausses de la contribution allemande (27% sur les 500 milliards du MES), elles devront être aprrouvées par le représentant allemand ausein du MES si l'augmentation du capital prévu dans le traité dépasse les 190 milliards initiaux de la contribution allemande.

On note combien les allemands défendent leur pré carré tout en laissant une chance au mécanisme de stabilité d'alléger les difficultés des pays du sud européen. Ce n'a pas été le cas de la France qui pense toujours que ce Mécanisme peut être salutaire même au prix d'un contrôle budgétaire renforcé des Etats. Elle épouse là le point de vue des pays du sud, tous en difficulté, et voit sans doute un pare-feu pour ses propres difficultés à venir.
A ce sujet on a vu se dessiner de nouvelles relations en Europe avec la montée au créneau du Royaume-Uni. David Cameron s’est affiché dès juin dernier comme le leader des pays hors zone euro et a refusé de signer le pacte budgétaire. Certaines phrases, prononcées alors, trouvent tout leur poids dans les évènements du premier Conseil européen de cette année. David Cameron encourageait les pays européens à résoudre la crise tout en prévenant toute mesure qui pourrait atteindre le système bancaire, pierre angulaire de la politique britannique. Ce pays prenait donc résolument ses distances.
Mais Angela Merkel, dans un entretien télévisé en juin dernier, avait prononcé des paroles tout aussi importantes sur l’avenir de l’Europe. Tout en estimant que les mesures de sauvegarde de l’UE avait été prises pour le court-terme, avec le pacte budgétaire et le MES, elle a proposé des solutions de long-terme, faisant campagne pour "une union politique" en Europe, au besoin à deux vitesses. Elle confirme un partage possible de l’UE entre pays de la zone euro et les autres. De toute évidence la partition de l’UE en deux ou plusieurs zones est dans les esprits des deux pays politiquement forts avec l’atlantisme d’une part et le glacis de l’Europe centrale et du nord d’autre part.
Mais pour l’instant les efforts sont tendus vers la mise sous tutelle des pays, tutelle d’autant plus dure à supporter que les pays sont en difficulté. Le “two-pack” rentrera en application dès cet automne. Les eurodéputés se sont mis d’accord avec la Commission européenne ce mercredi pour valider l’accord. Objectif : améliorer la discipline budgétaire de la zone euro et éviter une nouvelle crise de la dette.
Cette nouvelle loi complète les règles budgétaires existantes, déjà durcies en 2011 (par le “six-pack”), pour imposer des sanctions plus rapides aux pays qui ne respectent pas les objectifs de déficits budgétaires et de dette publique. L'accord conclu mercredi devrait se concrétiser par le vote d'une loi au mois de mars, ce qui contraindra les gouvernements des pays de la zone euro à transmettre leur projet de budget 2014 à la Commission avant le 15 octobre.

Ces mesures durcissent les contrôles avec une manipulation du verbe qui frôle le cynisme. La présentation des budgets nationaux pour contrôle préalable en octobre ne donnera pas lieu à « des mesures contraignantes » mais les gouvernements qui n'en tiendront pas compte s'exposeront à des sanctions de Bruxelles ! La loi permettra également à la Commission de placer sous surveillance étroite un pays qui serait exposé à "des difficultés financières". Le gouvernement du pays en question devra s'attaquer aux racines du problème, et l'efficacité de ses réformes sera évaluée chaque semestre par l'exécutif européen.

Avec une dette de plus de 90% du PIB pour 60% maximum autorisé par Bruxelles et une nouvelle perspective de déficit budgétaire 2013 de 3,5% alors que l’objectif à atteindre dès 2015 est 0,5% selon nos engagements, la France est-elle en difficulté ? La réponse est évidemment oui, alors la mainmise sur la politique économique et sociale française est inéluctable…

Non seulement la France perd son poids dans une UE en décomposition

Mais elle va être traitée à la mode germanique

Sans la voix indépendante britannique !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

mercredi 27 février 2013

Mais qui pilote l’avion France ?

Le gouvernement entre dans une phase de pilotage à vue dans un ciel orageux et menaçant. Le décollage s’est passé dans la cacophonie où les démentis furent nombreux. Le Président a dû même réaffirmer sa confiance dans son Premier Ministre. Les promesses du candidat-président se résument à des évolutions sociétales, importantes mais dont l’utilité et l’urgence méritaient de prendre son temps. Par contre l’économie demande des actions urgentes et les remèdes appliqués jusqu’à ce jour ne portent pas leurs fruits.
Les grandes réformes qui devaient redynamiser le pays, comme la grande réforme fiscale et celle sur l’organisation de l’ensemble des collectivités territoriales n’ont pas encore pris réellement leur envol. L’abrogation de dispositions prises par le gouvernement précédent semble satisfaire son suivant, comme l’abolition du délai de carence pour les fonctionnaires. La réforme de l’Education Nationale, centrée sur les rythmes scolaires, se fait dans l’urgence et l’improvisation. Les municipalités sont mises au pied du mur et acculées à des charges supplémentaires sans avoir eu réellement leur mot à dire.
D’ailleurs on voit des ministres lancer des idées d’évolution, présentées comme déjà acquises avec des dates de mise en place, sans que le Premier Ministre acquiesce, et qu’il renie même souvent. Le ministre des Affaires Etrangères parle économie et se fait recadrer. Le ministre du Budget annonce que le déficit prévu du budget ne sera pas tenu et se fait démentir par le Premier Ministre. Le ministre des Finances fait chorus et ne veut rien changer aux prévisions. Dans le même temps, le Président manœuvre à Bruxelles pour faire admettre une dérogation aux objectifs de rigueur budgétaire en évoquant la crise plus dure que prévu. Il a sans doute oublié qu’il avait, il y a peu, chanté que le gros de la crise était derrière nous.
Le ministre de l’Intérieur mène une politique sur la sécurité qui n’avait pas été formellement annoncée par le candidat Hollande et semble œuvrer seul en dehors du Premier Ministre. Le ministre du Travail annonce l’augmentation du chômage et prévoit une inversion en fin d’année, pour reculer récemment. Montebourg nationalise, on lui fait manger son chapeau. Les uns après les autres les principaux ministres lancent leur propre vision de la politique à mener sans qu’apparaisse une cohérence sur des objectifs mûrement réfléchis et impulsés par le Président, ni même parfois partagés.
Le couple Président-Premier Ministre semble balloté par des « généraux » qui détiennent le pouvoir réel et dans l’avion France ce n’est pas le pilote qui tient les commandes. Il règne une atmosphère d’improvisation, de marche au chacun pour soi avec l’ambition de se faire une place dans l’opinion des passagers-citoyens plutôt que de suivre le plan de vol. De promesses non tenues en incapacité de trouver des solutions aux difficultés économiques et budgétaires, l’avion France s’enfonce dans la tourmente avec un Président falot accouplé à un Premier Ministre dévoué mais sans autorité.
Aucun pays en difficulté, en dette et déficit budgétaire importants, n’a trouvé de solution dans la zone euro. La recette allemande ne s’applique pas à la France sous la forme que nous donnons à l’austérité. La réduction des dépenses publiques de fonctionnement devrait être un objectif prioritaire, c’est le seul point où nous devons écouter les recommandations allemandes. Ce n’est pas en augmentant la pression fiscale que l’on réduit les déficits au-delà du court terme. Le Président, pris dans la pensée unique de l’euro solidaire et bienfaiteur, se débat sans arme dans une toile d’araignée que tisse le déficit commercial, l’intérêt de la dette, le déficit budgétaire, la fuite des fortunes et l’augmentation corrélative du chômage.
Les commandes ne répondent plus sur l’Airbus français et l’équipage ne comprend plus le comportement de l’appareil.  Chaque commande donne des effets contraires à l’objectif attendu et les passagers sont de plus en plus mécontents d’être ballotés de gauche et de droite sans que ni les uns ni les autres ne réussissent à stabiliser l’appareil. Il faudrait prendre des décisions d’urgence, couper le pilotage automatique sur la pensée unique européenne.   
Hélas, trois fois hélas, l’euro continue son œuvre destructrice
Entre les mains d’adorateurs qui s’y brûlent les doigts
Et consume les peuples fragiles l’un après l’autre.
L’Espagne s’indigne, la Grèce mendie, l’Italie vote et renie,
La France cherche encore qui pilote…
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

samedi 23 février 2013

Economie, politique, peuple, des mondes qui s’ignorent

La semaine prochaine risque d’être agitée dans les marchés boursiers avec les élections législatives en Italie et la perspective de devoir couper drastiquement les budgets aux Etats-Unis dès le 1er mars faute d’accord au Congrès. Le retour de Berlusconi fait peur aux marchés mais la politique de Mario Monti fait peur aux salariés italiens. Les coupes budgétaires de 1.000Mds$ sur 10 ans et de 85 milliards de plus à trouver d’ici 2013 font peur aux travailleurs américains, mais les 85Mds$ remis dans le circuit économique ou spéculatif chaque mois par la Fed font plaisir à la Bourse de Wall Street.
Les chiffres sont à relativiser avec un budget américain de 3.500Mds$, mais l’économie américaine s’essouffle malgré le dopage continuel qui augmente la dette et qui, au passage, déprécie le dollar. Le chômage ne diminue pas avec 7,9%, la machine économique demande toujours plus de soutien. Le travailleur en a de moins en moins et la pauvreté progresse, creusant les inégalités. Pendant ce temps Républicains et Démocrates s’affrontent au Congrès.
A l’autre bout de la lorgnette, on regarde la Grèce mourir. A peine le président Hollande avait-il quitté leur sol que les grecs manifestaient en masse dans une nouvelle grève générale contre la politique d’austérité. Le FMI et l’UE ont condamné un peuple de 10 millions de personnes à souffrir sans espoir de vie meilleure. L’explosion du chômage (27% aujourd’hui), la baisse des salaires, les coupes drastiques dans les dépenses publiques, se font au mépris de la santé et de la sécurité de la population. Ce qui est fait ici est une honte absolue, une forme de crime économique commis contre un peuple par des irresponsables dont la pensée est coincée dans des dogmes qui passent avant la vie de la population.
L’austérité infernale a provoqué l’effondrement économique du pays, l’effroyable baisse du PIB depuis le second trimestre 2010 (-17% en deux ans et demi !).  Aucun signe de ralentissement de cette descente aux enfers n’est en vue et  toutes les mesures d’austérité complémentaires pour 2013 et 2014, devraient se prolonger pour encore deux ans. Nous assistons à l’expérimentation d’une immense et extrêmement brutale régression sociale en se demandant comment le pays la supporte encore.
En France la politique économique ménage la chèvre et le chou sans véritable orientation claire. La prévision d’équilibre du budget est repoussée à 2017 après la fin du mandat du président, prudence oblige. La dette va continuer à croître mais personne n’avale son chapeau pour renier ses promesses budgétaires de 2013, à peine un mois après les avoir prononcées. Politiquement on va repousser la difficulté budgétaire à 2014 en faisant miroiter un retour de la croissance, qui devait déjà avoir lieu cette année, pour créer une nouvelle pression fiscale et une diminution des avantages sociaux, retraites incluses.
Là encore, les mesures économiquement saines sont rognées par la politique qui n’hésite pas à faire peser le malheur économique sur une population encore prête à supporter pourvu que ce soit à dose renouvelée. L’arme du peuple n’est pas sa représentation parlementaire qui pense déjà aux prochaines élections et agit en fonction  de la probabilité de réélection mais bien dans la rue… comme en Grèce, en Belgique, en Italie, en Espagne, tant ces trois mondes, politique, économique et pouvoir d’achat s’ignorent.
Bien des politiques devraient passer à l’échafaud
Puisque c’est ainsi que l’on s’est débarrassé d’un roi
Qu’on disait affamer son peuple au grand soulagement…
Des bourgeois !
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

vendredi 22 février 2013

Une politique économique de « moutons de Panurge »

Les chiffres viennent de tomber, la zone euro ne va pas bien et entre en récession en 2013. Aujourd’hui la Bourse fait un bond, dopée par de bons résultats allemands et ceux d’une boîte américaine. Plus cela va mal, plus les marchés se délectent. Qui peut encore nier que les marchés sont manipulés et que le particulier, actionnaire de base, est le dindon de la farce qui se joue sans lui ? Tout devient artificiel et la menace d’un véritable crash se fait de plus en plus probable avec des dettes qui deviennent insupportables pour un nombre de plus en plus grand de pays dont le premier d’entre eux, les Etats-Unis.
Le chômage explose et la France se signale par un déficit budgétaire en dehors des clous. Le déficit public de la France sera de 3,7% en 2013 et de 3,9% l'an prochain, selon les prévisions économiques d'hiver de Bruxelles publiées vendredi. Paris sera donc très en dehors des clous européens qui lui imposent de ramener son déficit en-deçà de 3% du Produit intérieur brut cette année. La croissance de la zone euro, de 0% en 2012, n’atteindra que 0,1% en 2013. Pour 2014, on rase encore gratis avec une promesse de 1,4%.

 Notons au passage que la zone euro ne fait pas mieux que l’ensemble de l’UE et que la zone non euro devrait faire mieux en 2014. A quoi sert l’euro est une question qui reste posée et à laquelle on ne peut  répondre que par de grandes envolées lyriques. La politique unitaire de la zone euro nous a contraint à une politique d’austérité que nous ne savons pas faire autrement qu’en augmentant la pression fiscale et en rognant sur les avantages en tous genres donnés aux particuliers et aux entreprises. C’était notre façon de suivre le crédo allemand et celui du FMI.

On a suivi et on s’est même vanté de réussir le déficit budgétaire à 3% pour 2013 et le retour à l’équilibre en 2015 ! Puis devant notre impuissance à juguler efficacement les dépenses publiques, on a commencé à essayer de prôner une politique de croissance. Ceci dans le but, non avoué, de préparer un budget dont on savait qu’il ne tiendrait pas les 3% annoncés puisqu’il était bâti sur une prévision de croissance de 0,8%, parfaitement irréaliste.

Bingo ! Le FMI, poussé par les Etats-Unis, le Japon et la récession des pays du sud de l’Europe, revoie ses prévisions et commence à inciter à un renversement de tendance dans une austérité nuancée. Trop heureux d’enfourcher cette tendance nous nous engageons dans une politique de non-contrôle du déficit public sous la bannière de la nécessité de croissance, devenue le crédo des Etats-Unis, du Japon et du FMI entre autres.

Quelle réelle politique française distingue-t-on dans tout cela, sinon un opportunisme qui surfe sur des effets d’aubaine ? Alors que la France s'enfonce dans la récession et les déficits, l'Allemagne, son principal partenaire, bénéficiera d'une croissance de 0,5% cette année et de 2% en 2014, et ses finances seront quasiment à l'équilibre en 2013. Il est clair que la politique d’austérité que nous dénonçons convient à l’Allemagne. C’est toute la difficulté qu’impose la politique de la zone euro où, ce qui convient aux uns, ne convient pas aux autres.

Peut-on se satisfaire du fait que d’autres pays vont moins bien que nous ? L'Espagne notamment connaîtra un dérapage bien plus grave. Le pays, englué dans la récession et le chômage de masse, devrait enregistrer un déficit public de 6,7% en 2013 et de 7,2% en 2014. Des chiffres très éloignés des objectifs affichés par Madrid d'un déficit de 4,5% cette année et de 2,8% l'an prochain. Bruxelles voit aussi les manifestations de rue contre l'austérité.

Certainement pas ! Mais nous suivons le troupeau et nous tomberons de la falaise avec eux… en priant l’euro de nous sauver !

L’incapacité de nos dirigeants devient aveuglante.

L’Europe et l’euro ont probablement vécus !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

jeudi 21 février 2013

L’économie reprend ses droits

Il n’est sorti du dernier G20 que des discours lénifiants en dehors du succès du couple Germano-britannique sur la politique d’austérité à l’allemande et le maintien de l’avantage spécifique de contribution au budget européen accordée au Royaume-Uni. La France en est sortie sans avoir obtenu l’aval de son appel à une politique de croissance et sa crédibilité ne se retrouve pas renforcée par le recadrage obligatoire de sa prévision de croissance pour 2013 et vraisemblablement pour 2014.
Le Président Hollande qui nous chantait la fin de la crise doit constater que la croissance française devra être considérée comme bonne si nous n’entrons pas cette année en récession ! C’est dire que la prévision d’inverser la courbe du chômage ne sera pas tenue grâce à la dynamique économique ou qu’il faudra largement augmenter les emplois aidés et les emplois fictifs. Le modèle économique « Mésange » auquel se fie notre ministère des finances a donc failli en minimisant l’effet de la politique d’austérité qui se met en place, malgré tous les dénis du gouvernement.
Sans vouloir entrer dans des discussions techniques éminemment compliquées, il faut comprendre que ces modèles économiques mathématiques intègrent une donnée fondamentale dans les prévisions. Il s’agit du  « multiplicateur des dépenses publiques » (ou fiscal multiplier en Anglais), valeur qui relie tout changement dans l’équilibre budgétaire (soit par modification des impôts soit par modification des dépenses publiques) à la variation de la croissance.
Il prend une dimension stratégique dès que l’on discute de l’application de politiques d’austérité. En effet, si la valeur de ce multiplicateur est inférieure à 1, ce qui était la position des principales institutions économiques internationales jusqu’en 2012, l’impact de mesures d’austérité sur la croissance est faible, et ces politiques peuvent connaître le succès. Mais, si cette valeur est élevée, entre 1,5 et 2,5 comme l’indiquent les travaux récents, les politiques d’austérité sont complètement suicidaires. On mesure alors l’importance politique d’un débat qui apparaît comme très technique dans sa forme car il semble bien que cette valeur est plutôt de 1,5 au lieu du 0,8 utilisé.
Cela pourrait apparemment donner raison à François Hollande qui prône la relance de la croissance avec un assouplissement des mesures d’austérité. Malheureusement la difficulté est que l’Etat ne sait pas réduire les dépenses inutiles ou superfétatoires et qu’il cherche son salut dans la pression fiscale et la baisse des prestations sociales. Ces deux axes de mesures plombent la croissance que l’on veut relancer par ailleurs grâce à des facilités d’investissement données aux entreprises et des investissements structurels publics.
La récente déclaration de Marylise Lebranchu sur le délai de carence des fonctionnaires montre bien que l’Etat prend des décisions politiques qui ne cadrent pas avec une réduction des dépenses. La réforme territoriale et la réforme fiscale sont en panne. Des restrictions budgétaires mal ciblées peuvent détruire la confiance et plomber la compétitivité et la consommation interne. De plus nous sommes sous la menace des investisseurs qui suivent les agences de notation et les caisses sont vides, nous vivons à crédit.
Comme dans un ménage en difficulté, l’Etat doit faire des économies sur les postes budgétaires qui sont les moins perturbants et rechercher systématiquement toutes les dépenses qui peuvent être réduites par une meilleure organisation de la vie publique. La tâche est rude et demande une grande confiance en ceux qui la mènent. Celle-ci ne peut être obtenue quand les déclarations des uns et des autres se contredisent, que personne ne voit les grandes directions choisies, que les prévisions s’avèrent constamment erronées et que les discours masquent en permanence la réalité.
Le « Printemps français » se dessine à l’horizon.
Il risque de ne pas être meilleur au mois de Mai
Que de l’autre côté de la Méditerranée !
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF34 du Languedoc-Roussillon

mercredi 20 février 2013

Le Mali, pays sous tutelle, devient pays des larmes

 La guerre au Mali est en réalité partie depuis un mois ( Photo ci-contre le 18/01/13 des troupes au départ) et les commentaires triomphants se délitent dans les premiers soldats morts et les enlèvements collatéraux dont particulièrement les quatre enfants au Cameroun. J’avais dans deux précédents articles, des 2 et 9 février, dénoncé la manière dont nous nous étions engagés dans cette guerre et prédit que celle-ci serait difficile à terminer. Les faits commencent à coller à ce point de vue.

Il faut bien prendre conscience que le néofondamentalisme islamique a évolué vers une prise en compte individuelle du djihad. Chaque musulman est censé défendre personnellement sa religion. Les groupes armés qui se battent sur l’ensemble de la planète disposent d’une grande autonomie. Leurs manières de combat y sont adaptées. Les principes de leur stratégie leur sont communs et à base de collecte de fonds par tous les moyens d’une part et de harcèlement de l’ennemi occidental en tous lieux et en permanence.

C’est souvent le seul point de liaison entre eux, car ils puisent dans les nouvelles qui leur viennent du monde entier leur détermination d’agir. Les « victoires » des uns boostent les autres. Mais il est un autre principe qui est le distinguo à opérer entre le djihad offensif et le djihad défensif. Dans le premier cas il s’agit de la propagation de l’islam par des moyens qui peuvent être pacifiques apparemment, comme l’invasion de peuplement dont l’issue doit être l’implantation de la charia. Dans le second c’est l’ouverture à tous les moyens de lutte, même les plus répréhensibles.

Ce djihad défensif est déclaré quand les infidèles viennent occuper les terres de l’Islam ou considérées comme telles par celui-ci. Les islamistes peuvent en toute sérénité religieuse pratiquer le brigandage, les commerces illicites, les enlèvements, les massacres, les viols, etc. En pénétrant dans le nord Mali, considéré à tort ou à raison terre islamique, nous avons validé la pratique du djihad défensif. C’est pourquoi il existe évidemment un lien entre les enlèvements au Cameroun et notre action en Afghanistan et au Mali.

Nous aurions dû partir il y a plusieurs mois aider le président malien et sécuriser la partie sud du Mali. Nous n’étions pas alors des attaquants de l’Islam. Nous formions l’armée malienne et nous encouragions la recherche d’une solution vers une forme d’indépendance réclamée par le nord-Mali. Non seulement nous avons attendu mais nous avons mis la tutelle sur ce pays et fait, au nom de la lutte contre le terrorisme, une guerre armée sur le nord. Nous devenons des attaquants et le problème ethnique, voire raciste, entre bédouins et noirs n’en est pas réglé pour autant.

Les frontières tracées au tire-ligne sur carte d’Etat-major, n’ont aucune valeur dans le nomadisme des bédouins et elles n’ont pas respecté les découpages ethniques. C’est pourquoi les guerres endémiques postcoloniales ne sont pas prêtes de disparaître. Notre engagement actuel ne peut se terminer par une réelle victoire. Nous voilà engagés au-delà de Gao dans le massif montagneux des Ifoghas, là où nous attendent les « terroristes » qui ne sont que des combattants d’Allah. C’est là aussi que les populations nous accueillent avec beaucoup moins d’enthousiasme.

Ceux qui ont connu la guerre d’Algérie dans le massif des Aurès peuvent se faire une idée de la difficulté de la tâche qui attend nos soldats. Nous avons mis le Mali civil et militaire à nos ordres. L’armée malienne est peu efficace et commet les exactions dont elle avait l’habitude. Nous portons donc tout le poids de cette guerre qui va tuer nos jeunes sans résoudre définitivement l’avenir du Mali, ni exterminer les combattants de l’Islam, ni même faire reculer leur détermination. La France est désormais ciblée comme l’un des principaux ennemis de l’Islam et les larmes qu’engendre tout conflit ont commencé à couler chez nous aussi.

Le temps des croisades est révolu

La France se doit de s’occuper d’elle-même

Avant de s’épuiser en vains combats.

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

mardi 19 février 2013

La France, leader du sud européen, s’allie aux pays pauvres

Grecs et Roumains font des sourires à la France. Ces deux pays ont maille à partir avec l’Allemagne. Présent aujourd’hui en Grèce et accueillant demain la Roumanie, le Président Hollande a tenté aussi des rapprochements avec l’Espagne et l’Italie pour faire front à notre voisine allemande. Nous brandissons la politique de croissance comme on prie  au Sahel pour faire venir la pluie. Tous ces pays qui nous regardent ont soif de croissance et de moins d’austérité. Nous sommes devenus le chantre de la pauvreté.

Evidemment il y a une bonne raison que ces pays en difficulté nous croit des leurs, puisque le Premier Ministre vient d’annoncer que nous ne tiendrons pas l’objectif de croissance prévu à 0,8% mais un 0,3% auquel déjà beaucoup ne croient plus. Il en déduit que nous ne tiendrons pas l’objectif de 3% de déficit public. On croirait presque que cela a été fait exprès, puisque toutes les autorités internationales avaient donné l’objectif de croissance comme trop optimiste. C’est comme si on voulait déjà renégocier la contrainte d’austérité imposée par la politique allemande.

Le clivage nord-sud de l’Europe se fait de plus en plus jour. Nous nous comportons comme le pays leader des pays en difficulté. Pendant ce temps l’Allemagne et le Royaume-Uni resserrent leurs liens et sont sortis gagnants de la dernière réunion du Conseil Européen. L’accord conclu n’était pas celui que nous voulions, de l’aveu même du Président. Dans la négociation sur le budget de l’Union comme sur le prétendu plan de relance de croissance ou encore l’union bancaire, les positions françaises ont été enfoncées, défoncées, pulvérisées par le bulldozer anglo-allemand.

Il n’est pas jusqu’au grand plan de libre-échange avec les Etats-Unis qui ne sonne le glas de l’entente franco-allemande au profit d’un renforcement de l’alliance germano-britannique. La grande histoire de Bouvines à Waterloo reprend son cours après la parenthèse des deux guerres mondiales. Ces deux pays sont faits pour s’entendre. L’Allemagne vend ses voitures, ses machines-outils, et trouve à la City tout l’argent dont elle a besoin. L’Allemagne ne trouve pas l’euro trop fort et le Royaume-Uni a fait baisser sa monnaie pour rendre son industrie plus compétitive.

Visiblement, tandis que nous pleurons sur l’euro fort, que nos usines ferment, que notre déficit s’accroît, un vent d’optimisme règne dans la nouvelle alliance « Merkeron ». La France devient un boulet. Son socialisme étatique ne correspond plus aux idées de grand large d’une Grande-Bretagne, qui n’a jamais réellement accepté l’UE, et la politique mondiale d’antan de l’Allemagne. Ces deux pays sont en train d’enterrer l’Europe d’Adenauer et de De Gaulle. Il reste à la France à unir autour d’elle les peuples mendiants, ceux du sud et du vin pour qu’elle puisse encore rayonner.

De grands bouleversements se préparent et l’UE ne pourra continuer ainsi. Alors que l’Allemagne semble retrouver la croissance, la France fera piteuse mine pour négocier une autorisation de déficit plus élevé. Il lui faut réunir toutes les voix de ceux qui auront le même problème. Le Président s’y emploie mais il n’y a pas de quoi pavoiser.

Née avec une tare de disparités congénitales

L’Europe va éclater, malade de sa boulimie d’annexions,

La France restera figée sur la Méditerranée.

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon  

lundi 18 février 2013

Conjoncture, Politique de l’Emploi et Cour des Comptes

La Bourse attend des nouvelles rassurantes dans un climat d'incertitude. En effet les interrogations sont nombreuses et au premier rang d'entre elles la perspective des élections législatives italiennes les 24 et 25 février. Le marché craint le retour d'une instabilité politique en Italie. Autre point sensible, la politique budgétaire aux Etats-Unis et les doutes sur l'évolution de la croissance aux Etats-Unis au deuxième semestre. Seul point positif, le rapport de la Bundesbank qui indique que l'Allemagne va renouer avec la croissance au premier trimestre, après un recul de 0,6% du Produit Intérieur Brut (PIB) au quatrième trimestre 2012.

Si l’Allemagne reprend vite son leadership, nous nous enfonçons toujours plus dans le chômage. Nos gouvernants phosphorent sur la politique d’austérité qui consiste surtout à faire du brainstorming sur les recettes fiscales, baisse des allocations familiales et des retraites par exemple. On ne semble pas porter  un grand intérêt au rapport de la Cour des Comptes. Celle-ci a publié mardi 22 janvier un rapport d'évaluation des politiques publiques françaises en matière de chômage et d'emploi. Ses conclusions sont accablantes sur l'usage fait par l’État d'environ 50 milliards d'euros annuels.
Il constate que le chômage augmente plus vite en France que chez nos voisins.  Etant entendu que la conjoncture économique est difficile pour tous les pays, on peut voir deux raisons spécifiques au nôtre. Il cite d'abord l'absence de recours en France au chômage partiel (question tabou chez les "syndicats" de salariés), mais surtout l'existence d'inégalités criantes en France (bien plus que chez ses voisins) entre ceux qui ont un emploi stable et protégé et les dizaines de milliers de salariés à la précarité subie (plus nombreux encore que chez nos voisins européens). Ensuite, le régime d'assurance chômage, lourdement déficitaire (endettement de 9 milliards en 2009, prévu à 18,5 milliards en 2013) est en grande partie dû à seulement 3% des salariés français, les intermittents du spectacle.
Les dispositifs d’aide au retour à l’emploi sont obsolètes. « Utilisés en France alors qu’ils ont quasiment disparu dans les autres pays, les contrats aidés, particulièrement ceux du secteur non marchand, n’ont pas permis par ailleurs d’obtenir des résultats satisfaisants en termes d’insertion durable dans l’emploi. Ces résultats médiocres tiennent à un ciblage défaillant, des durées de contrat trop courtes et un accompagnement insuffisant des bénéficiaires ».

Les 31 milliards annuels de la Formation Professionnelle ont d'après la Cour des Comptes  « tendance à reproduire, voire amplifier, les inégalités engendrées par le fonctionnement du marché du travail, la formation bénéficiant plus aux salariés déjà les mieux formés ». Le mythe français de l'égalité de traitement de tous les salariés s'effondre une nouvelle fois.
Mais on ne saurait oublier les critiques de la Cour des Comptes sur les politiques de l’Emploi des Conseils Régionaux, des partenaires sociaux, ainsi que leurs opérateurs (Pôle emploi, OPCA, etc.), sans véritable concertation. De plus « cette multiplicité de centres de décision ne facilite pas la mise en place de politiques ciblées du marché du travail. Les réflexions actuelles sur la décentralisation doivent prendre en compte la nécessité d’une simplification radicale de ce dispositif complexe. »

Le peuple acceptera-t-il longtemps cette gestion de nos finances publiques quand ses gouvernants ne s’ingénient qu’à imaginer de nouvelles sources de recettes fiscales et d’abandons d’avantages sociaux et, année après année, sont taclés par la Cour des Comptes sans réel changement ?

Entre l’inégalité chronique et l’inefficacité structurelle

La politique de l’Emploi est à l’image d’une France
Brouillonne et incapable d’économies.

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

dimanche 17 février 2013

Manifestons, manifestons, c’est le plaisir des… vieux !

Malgré la pluie, des centaines de retraités battaient le pavé ce jeudi à Athènes pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement. Ils dénoncent notamment la réforme sur les pensions qui devraient être revues à la baisse. Très motivés, ces retraités ont assuré qu’ils ne se priveraient pas pour faire entendre leur voix jusqu’au bout. Ce n’est évidemment qu’une des nombreuses manifestations qui ont lieu dans ce pays et ce n’est pas fini. Le Parlement grec vient encore de voter une nouvelle pression fiscale sur les professions libérales et les hauts revenus, mais les plus pauvres souffrent pour trouver de quoi vivre.
Cette manifestation est pourtant révélatrice d’un climat protestataire qui gagne les pays européens du sud et qui aborde notre pays. On manifeste encore joyeusement pour ou contre le mariage pour tous, un peu moins pour Notre-Dame des Landes, beaucoup moins pour les licenciements collectifs et les fermetures d’usines. La répression des manifestants devient des échauffourées de rue mais on peut craindre qu’elles dégénèrent comme en Grèce.

C’est toute l’Europe du sud qui s’enflamme. On manifestait aujourd’hui en Espagne contre l’austérité budgétaire et les coupes sur la santé publique. Portant des pancartes où il est écrit « Ils volent ta santé », « Il est criminel d’économiser sur la santé », les cortèges de manifestants ont convergé depuis les hôpitaux de la capitale espagnole vers la place de Cibeles, dans le centre de Madrid, avant de défiler au rythme des sifflets et des tambours derrière une banderole proclamant : « La santé n’est pas à vendre, mais à défendre ».
Depuis le mois de novembre, les syndicats de la santé organisent régulièrement ces « marées blanches », qui se sont étendues dimanche à 15 autres villes d’Espagne. Le système de santé français est dans le collimateur des coupes budgétaires devant les 15 milliards de déficit en 2012. Nous allons connaître aussi les manifestations des professions de santé et des assurés sociaux dans la rue.
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, samedi 16 février, du sud au nord du Portugal contre les mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement de centre-droit, sous la tutelle de ses créanciers internationaux. A Lisbonne, 5.000 manifestants ont défilé aux cris de « Luttons », « Le gouvernement dehors ». Le mouvement était destiné notamment à protester contre les hausses d’impôts sans précédent décrétées cette année par le gouvernement tandis que depuis l’année dernière salaires et retraites ont été nettement réduits.
Ce retournement de l’opinion contre les gouvernements a lieu aussi en Italie où Mario Monti n’est plus sûr de gagner les législatives. Toute l’Europe du sud va s’enflammer et nous ne couperons pas à cette montée du ras-le-bol des solutions d’austérité pesant quasi-exclusivement sur les entreprises, les travailleurs et les retraités. De plus la taxation des revenus du capital, mesure éminemment politique, entraîne des effets pervers de fuite des capitaux et de ralentissement de l’investissement.
Ces deux effets pèsent sur la compétitivité des entreprises qui doivent gagner sur la productivité et l’innovation en investissant. Hollande essaye de convaincre les Indiens d’investir en France mais chacun sait que seuls nos actes comptent pour ceux qui nous regardent. Nous évoluons dans une non-politique économique et sociale, une incapacité à diminuer réellement les dépenses publiques de fonctionnement et dans des approximations sans ligne directrice. Nous nous accrochons à l’euro comme des naufragés mais personne ne viendra nous tirer de la marmite glacée, où va patauger le peuple… même pas l’Allemagne.
Le courage et la lucidité des gouvernants ne se limitent pas
A attendre que la réalité leur saute à la figure pour prévoir,
Ni que le peuple soit dans la rue pour agir
Autrement que par la méthode « Coué ».
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

samedi 16 février 2013

Le poker menteur de la guerre monétaire

Selon l’AFP : Les grandes puissances du G20 se sont engagées samedi 16 février 2013 à Moscou à ne pas sombrer dans une "guerre économique", en écartant toute stratégie monétaire agressive et en semblant lâcher un peu de lest sur la rigueur budgétaire de plus en plus accusée de plomber la reprise mondiale.

On ne peut être plus menteur. Evidemment si tous les pays font la course à la dévaluation, on ne sait plus vers quelle catastrophe on peut aller. Par ailleurs un certain nombre de pays ont déjà fait leur « réajustement monétaire », comme le Japon, la Chine, partiellement les Etats-Unis et même les Britanniques. Ces pays ont donc intérêt à bloquer la situation actuelle de la concurrence monétaire au point où elle en est arrivée !  On ne peut avoir plus de duplicité que le ministre britannique des Finances qui a déclaré : "Le monde ne doit pas faire l'erreur (...) d'utiliser les devises comme instrument de guerre économique"… of course, my dear !

C’est pourtant bien le cas avec une Chine soupçonnée de maintenir artificiellement le Yuan en dessous de sa valeur naturelle pour doper ses exportations. C’est pourtant bien le cas avec les Etats-Unis qui font marcher la planche à billets à raison de 85Mds$ tous les mois. Le Japon est prêt à le faire d’une façon illimitée pour soutenir son économie. Tous le font au détriment de leurs partenaires commerciaux.

A l’inverse du G7 qui estimait que les changes devaient être « déterminés par les marchés », les Etats du G20 s'engagent donc dans leur communiqué final publié samedi à "s'abstenir de procéder à des dévaluations compétitives". "Nous ne fixerons pas de cibles de taux de changes à des fins de compétitivité". On ne peut pourtant pas attendre grand-chose de la Chine qui ne s’est engagée qu’à évoluer rapidement vers cet objectif… autant dire quand bon lui semblera et ce n’est pas pour demain.

On a proféré des propos qui n’engagent à rien comme : les ministres des Finances et banquiers centraux soulignent que la politique monétaire doit « continuer à soutenir la reprise économique ». On s’accorde sur le relâchement de l’austérité, c’est-à-dire que l’on avalise la continuation de l’endettement et qu’on est prêt à accorder des délais à l’ajustement des déficits publics. Voilà qui contente les pays européens du sud et la France mais qui ne résout rien.

On est toujours à la recherche de « stratégies budgétaires à moyen terme crédibles ».  A Toronto, en 2010, ces Etats s'étaient engagés à réduire d'au moins de moitié leur déficit public à l'horizon 2013, ce que plusieurs gouvernements ne sont pas parvenus à faire. A Moscou on s’est encore gargarisé de grandes intentions du style : il faut coordonner les efforts vers une croissance "forte, durable et équilibrée". Qui osera dire le contraire !  Ses promesses de Gascon n’engagent personne. Le communiqué final ne publie d’ailleurs aucun engagement chiffré.

Qui plus est, ces plans devront être mis en œuvre « en tenant compte des conditions économiques à court terme et des marges de manœuvre budgétaires là où elles existent ». Evidemment notre ministre des Finances Pierre Moscovici ne pouvait que se réjouir de trouver un appui pour faire lever l’engagement du déficit public à 3% que nous ne pourrons tenir. Selon lui, « La prise en compte de la situation économique doit nous permettre de ne pas ajouter de l'austérité à la récession ». Nous aurons les deux, mais nous venons de remporter une grande victoire… à la Pyrrhus, notre dette va continuer d’augmenter.

La cuisine française est la meilleure du monde

Mais à force de rajouter de la sauce

On finit par noyer le poisson !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

vendredi 15 février 2013

A l’heure de l’arrêt des tours de chauffe à Florange

Le scandale de la viande de cheval, qui fait beaucoup parler de lui, n’est en fait que l’une de ses  manipulations frauduleuses que l’on voit surgir régulièrement. La santé publique n’est pas en cause dans ce cas et cette affaire occulte le désespoir des salariés qui voient le chômage fondre sur eux. L’arrêt des moyens de production d’acier est en cours à Florange. Le président Hollande est revenu de la réunion des chefs d’Etats européens avec bien peu de décisions en notre faveur, si ce n’est la PAC maintenue avec néanmoins une diminution substantielle.
Notre pays se retrouve donc face à lui-même et dans une situation peu favorable de déficit public non maîtrisé et une croissance atone qui ne peut qu’augmenter le chômage. Les grandes manœuvres, pour faire plier l’Allemagne en lui faisant accepter un déficit public français au-dessus des 3%  promis, ont déjà commencé. La Chancelière allemande Angela Merkel ou son entourage savent parfaitement ce qu'est la conjoncture" et sont "trop averti(s) pour ne pas comprendre que « quand la conjoncture est défavorable, tenir des objectifs aussi ambitieux est évidemment très délicat », a encore estimé Jérôme Cahuzac.
 On ne serait être plus clair. L’objectif est, non pas de faire des économies sur le budget de fonctionnement de l’Etat, mais de faire admettre notre non respect des engagements auprès de l’Allemagne principalement. La croissance ne sera pas non plus au rendez-vous. L’austérité par l’augmentation de la pression fiscale diminuera la demande intérieure et l’euro fort diminuera plus nos exportations que nos importations en pétrole et en matières premières.
La crise de l’industrie automobile est symptomatique de notre faiblesse de compétitivité. Après l’affaire de l’usine d’Aulnay (PSA), le plan social « soft » de Renault, la question resurgit en raison des résultats désastreux de PSA. Depuis la fin de 2011, les pertes opérationnelles de PSA sont en effet de l’ordre de 200 millions d’Euro par mois. Les résultats consolidés indiquent quant à eux des pertes sur l’année 2012 qui sont estimées à plus de 5 milliards. Le groupe PSA vient de déprécier massivement ses actifs. L’argent frais manquant pour le développement des voitures hybrides, on ne voit pas comment – à terme – PSA pourrait refuser une entrée de l’État dans son capital.
Jean-Marc Ayrault désavoue son ministre du budget, Jérôme Cahuzac, qui a pour sa part reconnu que la possibilité existait pour l’État d’entrer dans le capital de PSA par l’intermédiaire du Fond Stratégique d’Investissement. On n’en est plus à un couac près. Il s’agirait de mettre de l’argent public dans une entreprise privée en difficulté créant une situation à double risque. Le risque est économique dans le cas où l’entreprise ne réussit pas son redressement et engendre donc la perte du capital investi par l’Etat. Le risque est politique car d’une part cela crée un précédent et d’autre part l’Etat se verrait adouber un plan de licenciement dans un plan national de lutte contre le chômage.
 Ceci pose le problème de cohérence générale de la politique du gouvernement. Il n’est pas possible d’avoir une politique industrielle sans réfléchir sérieusement à l’évolution de la demande, tant en France que chez ses voisins, et sans penser la compétitivité à travers l’instrument du taux de change. L’industrie française est sous le coup d’une monnaie trop forte, d’une montée de la productivité des pays émergents et du dumping social de pays à fables salaires et aux contraintes environnementales faibles.
On ne voit pas comment notre pays peut échapper à une dévaluation de la monnaie utilisée et à des mesures protectionnistes ciblées. Le gouvernement n’a, de toute évidence, aucune recette valable pour l’instant si ce n’est de creuser la dette… jusqu’à quand ? Pour l’on tarde, plus la remontée sera pénible.
En économie l’attentisme creuse la tombe.
Nos fossoyeurs s’en occupent depuis trente ans.
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon