jeudi 29 septembre 2011

A gauche toutes ! Mais vers où ?

Le deuxième rendez-vous de la gauche s’est déroulé dans une courtoisie de bon aloi. Les six candidats ont échangé force politesses. François Hollande a dominé les débats, surtout de la tête sur cou tendu d’ailleurs, en patron déjà autoproclamé, condescendant à laisser s’exprimer certains de ses camarades, histoire de leur permettre de se faire connaître et d’évacuer les petites tensions avant la « zenitude ».

Les recettes électorales ont fleuri, pas toutes de première jeunesse, mais presque toutes dépensières. La recette miracle du couplage jeune-vieux est sensé résoudre le chômage. L’augmentation de la TVA, qui devient indolore en devenant sociale, résout la diminution des charges sociales des entreprises. Le problème de la diminution de la qualité de notre enseignement trouve, tout naturellement, sa solution dans l’embauche de 60.000 fonctionnaires nouveaux. On oublie au passage que le métier d’enseignant intéresse de moins en moins les jeunes et qu’il faut consentir des baisses de niveau pour recruter… à moins que l’on augmente les salaires qui devaient être revalorisés et qui n‘ont pas décollé.

Le peuple français sent bien dans son immense majorité que nous sommes confrontés à deux graves difficultés. La première, urgente désormais, est la santé économique de notre pays. La seconde est la politique d’immigration et plus particulièrement d’intégration des émigrés vivant sur notre territoire.

La première, à part chez les deux plus jeunes candidats, n’a pas paru poser beaucoup de problèmes aux caciques du parti. L’unanimité sur la nécessité de favoriser les PME-PMI a dû laisser néanmoins celles-ci dubitatives. Elles sont soit tournées vers le marché intérieur et directement liées au pouvoir d’achat que l’inflation et les impôts nouveaux vont écorner, ce que ne manquera d’engendrer la réforme fiscale, soit tournées vers l’exportation. Nos coûts salariaux sont déjà très supérieurs à ceux des pays de l’est et même de l’Allemagne, sans parler de ceux du Sud-Est asiatique. La planche de salut serait de travailler beaucoup pour l’industrie mais celle-ci délocalise à tour de bras.

La seconde est comme la patate chaude et on se contente de parler de corriger ses effets en omettant d’en revenir aux causes. La gauche est en effet celle qui a ouvert toutes grades les portes de l’immigration et s’insurge de la non-assistance aux sans-papiers qui ne sont, ni plus ou moins, que des clandestins. Il est admirable d’entendre Arnaud Montebourg faire appel à la générosité comme remède aux problèmes de progression d’une nouvelle culture, de ghettos, de l’insécurité qu’elle engendre ! Il devient évident que le plus grave problème est la gestion des émigrés, légaux ou non, vivant sur notre sol plus encore que celui de la limitation de l’immigration. Tous considèrent que l’intégration va de soi, hélas !

Ces candidats jettent-ils sciemment un voile pudique sur la situation de la France ou bien pensent-ils réellement que des petits aménagements suffisent pour sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes engagés ? Manuel Vals joue la rigueur sans que l’on sache jusqu’où elle est compatible avec les dépenses de sécurité supplémentaires et autres. Seul Arnaud Montebourg donne une orientation nouvelle avec la dé-mondialisation, mais la mise sous tutelle des banques ressemble plus à des mesures soviétiques qu’à une réelle prise en compte des fondements du capitalisme qui règne sur le monde.

Faut-il rappeler à ces candidats qu’en 2012, le tour de vis ne suffira pas à contenir la dette publique, qui continuera de se creuser pour atteindre 87,4% du PIB, après 85,5% prévus cette année. Pour la première fois, la charge de la dette, autrement dit le montant des intérêts que l'Etat versera pour se financer, sera le premier poste budgétaire l'an prochain. Selon les projections du gouvernement, elle s'élèvera à 48,77 milliards d'euros en 2012, sensiblement au-dessus des crédits de l'enseignement scolaire (45,52 milliards, hors pensions) !

Faut-il leur rappeler que le budget 2012, qu’ils auront peut-être à gérer, est bâti sur une hypothèse de croissance de 1,75%, hypothèse qui n’est pas retenue par le FMI qui attend 1,2%. Ceci se traduira par une diminution des rentrées fiscales et une détérioration du rapport dette publique/PIB surveillé par les agences de notation.

Nous vivons encore dans l’utopie de nos politiques qui croient que la Chine continuera à tirer la croissance mondiale, que l’on pourra toujours payer de la dette par la dette donc par l’émission de monnaie comme nous allons nous apprêter à le faire bientôt dans la zone euro comme aux USA. La période des vaches maigres est devant nous et pour longtemps. Tous les symptômes de la dépression sont là et ces politiciens de gauche nous maintiennent dans le rêve sans regarder la réalité en face, sans changer les fondements de la politique qui nous ont conduits à l’état où nous sommes.

Quand la France a été en danger

Gauche et droite se sont données la main.

Encore faut-il accepter de l’avouer au peuple

Pour qu’il sente le besoin de s’unir.

Claude Trouvé