mardi 20 février 2018

Les slogans politiques par l’image (4ème partie)



Ces articles sont destinés à montrer comment l’information véhiculée par les discours se sert des images fixes ou animées pour prouver la véracité de ceux-ci, ou au contraire comment l’information est occultée lorsqu’elle vient contrarier le discours. Le précédent article s’intéressait au plan climat de Hulot et plus précisément à ce qui concerne la production d’électricité, plan assez flou en recul sur l’arrêt du nucléaire repoussé à 2022 et basé sur un appel à l’importation d’électricité. Celle-ci masque le manque d’énergie pilotable dès que l’on diminue la production des centrales thermiques. Cette solution peu glorieuse, qui met le pays en dépendance, n’est évidemment pas avouée dans le plan.
 


Dans ce domaine il y a des informations sur lesquelles on parle le moins possible. C’est par exemple le cas des émissions de CO2 de chaque pays de l’UE. La France est très bien placée et la raison principale est la production d’électricité par l’énergie nucléaire. Alors évidemment on ne montre pas la situation actuelle qui pourrait induire dans les esprits une question sur l’intérêt de vouloir être le chantre de la décarbonisation alors que nos émissions ne représentent que 10,7% de celles de l’UE et 1,3% du total mondial à 36,3 milliards de tonnes en 2015 (chiffre de la Banque mondiale). Depuis 8 ans que nous lançons les énergies renouvelables et les économies d’énergie, notre émission de CO2 a baissé de 13,8% (Eurostat). Si nous réalisons de nouveau cette performance dans l’avenir nous baisserons l’émission mondiale de seulement 0,18% !

La conclusion tirée de ces chiffres est que la motivation de la France dans son leadership pour le climat n’est basée ni sur un réel besoin français, ni sur une efficacité des moyens financiers mis en œuvre. Elle répond à une attitude géopolitique qui vise à ouvrir des marchés aux multinationales, d’ailleurs omniprésentes autour de la COP21. D’ailleurs depuis que les Etats-Unis ont décidé de sortir de l’accord de lutte contre le CO2, seule la Chine, premier pollueur mondial, peut agir efficacement dans ce domaine et entraîner le reste du monde. La France, coq sur ses ergots, se couvre de ridicule par son attitude, mais le peuple est envouté par une idéologie qui le transforme en larbin. Malheureusement cette politique lui coûte beaucoup d’argent par l’augmentation nécessaire des impôts et taxes pour la soutenir, mais cela a peu d’importance pour les suppôts de la grande oligarchie financière. Le graphique ci-joint montre de façon claire que l’augmentation du pourcentage d’énergies renouvelables (EnR) augmente le prix du kWh. 

Je présenterai plus tard une étude plus poussée car les énergies renouvelables représentées ici comprennent la biomasse et la géothermie mais aussi l’hydraulique dont la France bénéficie plus que les autres pays représentés. Le lien est évident et on peut noter que 10% de plus d’énergie renouvelable (EnR) entraîne un surcoût de 3,4 c. Autrement dit pour passer de 19,2% d’EnR à 32% en 2030, objectif Hulot, l’augmentation du kWh sera de 4,35csoit de 26%. Vous voyez qu’en 2017, le prix du kWh pour l’abonné augmente déjà plus que l’inflation. On vous parle donc de l’obsolescence des centrales nucléaires plutôt que de la taxe pour la mise en œuvre des EnR mise sur votre facture d’électricité. L’évolution de celle-ci est impressionnante.

Pour ne pas rester sur des sujets trop voisins, je vous propose de jeter un coup d’œil sur le graphique suivant. Il fait partie des graphiques qui ne sont pas montré car il relativise le discours dithyrambique de Macron sur « la France est de retour » et son slogan « En marche ». Celui-ci présuppose qu’il s’agit d’une marche en avant et impacte les esprits des électeurs. Nous voyons graphiquement que sur les données les plus récentes d’Eurostat, la valeur de la croissance des principaux pays de l’UE est très liée à celle de la production industrielle. Ce n’est pas une vraie surprise, mais cela a au moins l’intérêt de valider les chiffres présentés. Si l’on s’intéresse à la France, on voit que nous sommes en recul, sur la croissance et la production industrielle par rapport à la zone euro, ce qui veut dire que nous sommes plutôt en marche arrière. On perd des places dans le peloton. L’Allemagne, en tête, creuse encore l’écart avec nous, et l’Espagne rebondit mais part de loin. En effet il s’agit de variations. A l’inverse le Royaume-Uni encaisse un moins bien dû à la reconversion de ses débouchés industriels pendant les négociations du Brexit, ce qui ne devrait être que provisoire car la dynamique précédente était bonne. L’Italie montre des signes particulièrement inquiétants qui présagent une descente rapide… vers l’enfer grec. 

Voilà comment le peuple est envoûté dans des bonnes nouvelles qui n’en sont pas, car ce n’est pas la politique économique française qui pousse la croissance mais une embellie, probablement passagère de l’économie mondiale. Nous sommes toujours sur le « reculoir » et les incantations de Macron résonnent dans le vide du bien-être de son peuple, mais sonnent l’halali dans la tête et la bourse des puissants. J’ai lu plusieurs articles très critiques sur l’évolution de la France mais j’ai rarement vu une déclaration d’un économiste étranger ayant vécu en France qui soit aussi claire sur la France du déclin et de l’asservissement de son peuple devenu amorphe. C’est dur à entendre mais malheureusement d’une justesse de vue qui fait peur, une vraie peur. Par contre on ne cesse de nous parler de peurs pour tout, pour le climat, pour l’alimentation, pour la santé, etc. Le but n’est alors pas anodin et procède d’une tactique de soumission au chef duquel on attend la protection contre tout, comme le serf qui ne se révolte pas parce que se réfugier dans l’enceinte du château devient un désir obsessionnel en cas de danger. Alors REVEILLONS-NOUS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD.

Les discours et les images sont trompeuses 

Pour le peuple confiant et apathique

Qui ne voit même plus ses chaînes 

Ni sa pitance qui se raréfie

Pendant que les plus gros 

Le nargue sans vergogne !
 
Claude Trouvé 
20/02/18

lundi 19 février 2018

Les slogans politiques par l’image (3ème partie)


Pour rester dans le domaine de l’énergie on peut aussi dénoncer l’intox du plan énergétique du gouvernement. Les projections sur 2021-2022 sont fausses parce qu’elles sont masquées. Les responsables de la production électrique ne peuvent ignorer que les énergies renouvelables intermittentes et aléatoires (EnRia) sont par définition non pilotables et demandent l’intervention d’énergies pilotables, essentiellement thermiques polluantes, pour satisfaire normalement, sans apport de l’étranger, les variations de la consommation. Que ce soit en Allemagne, en Belgique ou en France, la « loi » expérimentale de cette juxtaposition indispensable étalée sur l’année, montre qu’en gros 1kWh d’énergie thermique (charbon, fioul, gaz) est nécessaire pour produire 1kWh d’EnRia. Pourquoi cache-t-on cette vérité ? Parce qu’elle dérange. C’est pourquoi le plan climat de Hulot affirme le 6 juillet 2017 cette contre-vérité : « La chaleur d’origine renouvelable est une énergie compétitive en matière de soutien public, qui réduit les émissions de gaz à effet de serre en se substituant aux combustibles fossiles (gaz ou charbon) » ou « la nouvelle Stratégie nationale bas-carbone visera la neutralité carbone vers le milieu du siècle » ? 

RTE, réseau de transport d’électricité, déjà coupable d’information déformée comme montré dans l’article précédent, biaise encore dans son communiqué de presse du 7 novembre 2017 qui a amené néanmoins Hulot à admettre que l’on ne pourrait pas arrêter de centrales nucléaires avant 2023, sans que le sort de Fessenheim ait été expliqué clairement.
 
« · 2020-2022 : différentes options sur la fermeture des centrales à charbon ou des réacteurs nucléaires atteignant 40 ans de fonctionnement
A partir de 2020, les marges augmentent grâce à une légère baisse de la consommation et à la mise en service programmée de moyens de production (premier parc éolien offshore, nouvelle centrale au gaz) et de trois interconnexions (deux avec l’Angleterre, une avec l’Italie). Ces marges permettent d’envisager la fermeture des centrales à charbon ou de quatre réacteurs nucléaires atteignant 40 ans de fonctionnement. Ces deux mesures ne peuvent être engagées conjointement. »

On note que RTE prévoit le maintien du nucléaire, l’arrivée d’une nouvelle centrale au gaz et l’importation d’électricité d’Angleterre et d’Italie pour envisager la fermeture des centrales à charbon. En réalité on se promène dans un flou artistique de scénarios dans lesquels le gouvernement se garde bien de choisir car aucun ne pourra être réalisé tel qu’indiqué. On trouve seulement ce chiffre : « La France a adopté une trajectoire de développement des énergies renouvelables ambitieuse, avec un objectif de 32 % en 2030. » On ne sait d’ailleurs pas s’il s’agit de production ou de puissance installée, ce qui est très différent. Si c’est de production qu’il s’agit, cela passe par un scénario probable, selon les écrits de RTE représenté sur le graphique du haut. La production des EnRia évolue au même rythme qu’entre 2016 et 2017, celle du nucléaire est maintenue, celle de l’énergie thermique diminue et la consommation électrique est constante. Le non-dit c’est le besoin d’énergie pilotable pour réguler les EnRia, donc ce graphique est faux car irréalisable sans un apport par l’importation d’électricité.

Il semble cependant peu réaliste de compter sur les importations pour réguler les aléas des EnRia, ce qui conduirait de toute façon en réalité à une surproduction de 44 TWh pour le pilotage. Mais RTE gomme ainsi par l’importation la nécessité des énergies pilotables thermiques. On se demande alors vraiment pourquoi on se prépare à importer de l’électricité pour pouvoir exploiter les EnRia et finalement surproduire une centaine de TWh aux ¾ produits par les EnRia dont la production est la plus coûteuse et devra être exportée en priorité et en plus presque toujours à perte. Tout cela pour pouvoir annoncer que l’on baisse la production de l’énergie thermique. La production totale sera en réalité de l’ordre de 596,2 TWh au lieu de 552 kWh, ce qui n’est pas avoué par RTE. Le graphique est irréaliste, donc faux, mais cela permettra d’afficher une part du nucléaire réduite à 66% et une baisse de la production d’énergie thermique… mais à quel prix ! C’est le scénario masqué de surproduction ci-dessus, auquel n’échappera pas la production d’électricité si l’on s’en tient au scénario annoncé.

En réalité le scénario devrait être celui représenté sur ce graphique. La part du nucléaire est aussi réduite à 66%, le pilotage des EnRia est assuré par l’énergie thermique et ne demande pas d’importation comme dans le scénario masqué précédent. Evidemment Hulot ne peut s’y résoudre, car il avouerait que les énergies pilotables doivent suivre les EnRia à égalité de production. Il faudrait ainsi accepter une augmentation de la production d’énergie thermique, donc de CO2 et de polluants. C’est politiquement difficilement jouable, encore que Hulot a déjà reculé sur l’arrêt des centrales nucléaires et repoussé à 2030 les 30% d’EnRia. C’est donc le scénario masqué auquel il faudra se résoudre si l’on continue à implanter des EnRia au rythme actuel.

On voit comment l’opinion est manipulée pour arriver à un objectif politique et idéologique, très coûteux, qui à terme conduit à un doublement du prix du kWh pour l’abonné comme en Allemagne. Mais là on est dans le cas inverse de l’impact de l’image, on retient l’information et surtout une information claire à comprendre, laquelle risquerait de marquer les esprits. Sans image on pourra toujours naviguer à vue avec des discours préparant l’opinion. Tout cela pour ne pas avouer que l’implantation des EnRia nécessite l’équivalent en énergie thermique et présenter finalement un bilan carbone amélioré en faisant produire l’électricité pilotable à l’étranger ! C’est dramatique pour notre pays car le scénario raisonnable pour 2021-2022, c’est-à-dire jusqu’à la fin du quinquennat, devrait être celui que j’ai déjà publié et remis ci-dessus. Ce scénario prend en compte l’évolution de l’implantation des EnRia en 2018 mais l’arrête en 2019, maintient la production de l’énergie nucléaire et celle de l’énergie thermique au niveau de 2017 pour une production totale supplémentaire de 16TWh permettant de diminuer le risque de black-out (arrêt total de la fourniture d’électricité) évoqué en janvier 2017, et permet le pilotage des EnRia implantés jusqu’en 2021. Ce scénario n’importe pas plus d’électricité.

Évidemment cela signifie l’arrêt de la gabegie de la folie des EnRia et donc un retour sur terre encore bien difficile à faire admettre tant le matraquage idéologique à base de réchauffement climatique anthropique est asséné en permanence en jouant sur des peurs instantanées puisées dans la vie météorologique planétaire ou en diffusant des informations et chiffres truqués. J’ai voulu montrer dans cet article que la puissance de l’image est si forte qu’inversement la rétention de l’information pousse à celle des images. Mais il y a encore des choses à montrer dans ce domaine et nous en reparlerons dans le prochain article.

Les représentations visuelles statiques ou dynamiques

Sont celles qui marquent l’opinion des masses.

Les discours politiques s’en servent toujours

Mais elles sont soit montrées soit cachées

Tant leur impact est fort et peut ruiner

La politique si la vérité éclate !

Claude Trouvé
19/02/18